CUEVA DE LOS MANOS
Nous roulons sur la ruta 40 vers BAJO CARACOLES et comme d’habitude, nous alternons des zones de travaux où nous devons rouler dans un mauvais ripio et des zones où la route est un vrai billard.
Nous faisons une halte à BAJO CARACOLES, petit village d’environ 30 maisons à plus de 250 kilomètres de la dernière ville. Nous prenons un café dans un bar…..non, un hôtel….non, une épicerie……non, un restaurant……..non, une cabine téléphonique…..enfin tout cela à la fois et cela me fait penser à l’épicerie de ma grand-mère dans son village du pays de Caux.
Malheureusement, malgré les diverses activités de l’endroit, nous ne pouvons trouver du pain.
Nous prenons ensuite un très très mauvais ripio (route provinciale 97) pour nous rendre à environ 50 kilomètres plus loin à la Cueva de los manos (en français : grotte des mains).
Le paysage désertique est magnifique avec des vallées profondes et des pics de pierre plus dure qui s’élèvent au dessus de la pampa.
Nous arrivons en fin d’après-midi sur le site de la Cueva et apprenons qu’il nous est impossible de bivouaquer sur place pour ne faire la visite que le lendemain matin.
Comme il n’est pas trop tard, nous décidons de faire la visite de 18 H avec une guide très charmante, Nathalia. Elle prendra le temps de parler très lentement et éventuellement de me répéter en espagnol les explications afin que je comprenne tout.
Tout d’abord un peu d’histoire :
La Cueva de los Manos est un site archéologique, classé au patrimoine culturel de l’humanité de l’UNESCO depuis 1999.
Il s’agit d’un lieu où apparaissent des peintures rupestres datant de 9 300 ans à 1 300 ans avant JC. Il s’agit de la preuve d’une occupation humaine de chasseurs-cueilleurs de ces lieux antérieurs aux indiens Tehuelches.
La grotte, où se trouve la plus grande concentration de peintures de mains (d’où le nom de la grotte CQFD !), mesure 10 mètres de haut, 15 mètres de large et 24 mètres de profondeur.
Les peintures représentent les mains d’environ 30 personnes différentes, hommes, femmes et enfants, soit certainement l’ensemble de la population habitant dans cette caverne.
Plusieurs techniques et couleurs sont employés.
Une de ces techniques est de se servir de la main comme d’un modèle et de peindre autour en projetant soit avec la bouche, soit avec un tube fait dans un os, soit avec une peau des couleurs.
Il s’agit principalement de peinture de mains droites mais parfois apparaissent des mains gauches, des pattes de choiques et même des mains avec 6 doigts correspondant à une anomalie génétique de la personne.
Les différentes couleurs ont été obtenues avec des oxydes de minerais, de la terre ou du sang. Pour que les couleurs tiennent bien sur la roche, les pigments étaient mélangés avec du liquide comme de l’eau, de la graisse, du sang ou de la salive.
Les autres représentations sont des animaux comme les guanacos, avec des tailles très importantes par rapport aux humains afin de représenter leur importance pour la population de cette époque. Ces animaux leur apportait nourriture, vêtements et outils principalement.
Les différentes époques montrent aussi une évolution dans la technique mais aussi dans l’apparition de traits abstraits ou symboliques dans la dernière période, indiquant l’évolution des hommes dans leur intellect.
Bref, je ne vais pas vous faire un cours sur le sujet, je suis très loin de maitriser l’histoire de ce lieu et je ne me considère pas comme une donneuse de leçons. Si vous voulez approfondir le sujet, il existe un outil formidable : internet et la page en français de l’UNESCO sur le sujet .
Bref, trêve de discours, voici plutôt différentes photos pour illustrer mes propos
Outre, l’intérêt historique des lieux, nous admirons aussi une vallée splendide, malheureusement appartenant à un propriétaire privé et donc ne pouvant être visité au cours d’une balade.
Nous reprenons le même ripio très très mauvais pour revenir bivouaquer à BAJO CARACOLES mais malheureusement, nous crevons ou plutôt éclatons, heureusement sans autre difficulté, du pneu arrière gauche.
Au vue de l’état du pneu et de la jante, une réparation n’est pas possible et seul le changement de la roue par celle de secours nous permet de repartir.
Cette opération prend un certain temps et ce n’est qu’à 23 heures que nous arrivons à notre bivouac, non sans avoir angoissé tout le reste de la route car rouler sur un très mauvais ripio de surcroît de nuit est assez stressant.
Nous dinons d’un souper léger et nous couchons pour nous remettre de nos émotions.
Nous reprenons la route le samedi 2 février pour le Lago Posadas et la route vers LOS ANTIGUOS.
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