RESERVE NATIONALE LAGO JEINIMENI
Nous quittons LOS ANTIGUOS le 6 février pour passer la frontière 9 kilomètres après et entrer au Chili.
Contrairement à ce que nous craignions, les formalités douanières se passent sans encombre. La fouille du véhicule est assez succincte malgré la présence de trois douaniers. Il ne nous confisque qu’un saucisson frais (non cuit selon eux ! ), deux pommes de terre et une gousse d’ail oubliés dans un rangement.
Nous arrivons alors à la ville de CHILE CHICO afin de pouvoir emplir de nouveau le réfrigérateur et pouvoir nous rendre à la réserve nationale du Lago Jeinimeni.
L’office du tourisme de CHILE CHICO nous indique que seuls les véhicules 4X4 peuvent s’y rendre et qu’il est très difficile d’y rentrer du fait d’un passage à gué assez important.
Nous décidons cependant de faire le déplacement, estimant que la Casilla est apte à cette épreuve !
Nous reprenons donc la vallée du Rio Jeinimeni, mais cette fois côté chilien et pouvons voir de plus près les montages colorées que nous avions vu précédemment.
Nos amis, Soif de Bougeotte, qui ont pris la route côté argentin nous y verront à leur grande suprise.
Nous rencontrons sur la route divers gués à passer et Patrice m’envoie systématiquement en éclaireur pour tester le fond mais aussi le prendre en vidéo quand il passe.
Parfois, la traversée est assez facile mais d’autre fois, il est un peu difficile de trouver un passage où je ne me mouille pas (trop) les pieds.
Nous arrivons après environ de 60 kilomètres d’un assez mauvais ripio face à l’entrée de la réserve nationale et comme de fait, le gué est impressionnant et nous fait hésiter un peu.
Comme d’habitude, je passe à pied non sans avoir changé de chaussures et relevé mon pantalon car l’eau m’arrive facilement au dessus du genou avec beaucoup de courant.
De l’autre côté, il reste encore 3 kilomètres à parcourir pour rencontrer les guadaparques pour se renseigner sur le niveau de l’eau au cours de la journée. Patrice décide donc de passer non sans appréhension.
Et pas de problème, la Casilla franchit vaillamment l’obstacle et nous pouvons aller nous installer dans la réserve face au lac.
Malheureusement, le pont enjambant le rio Jeinimeni semble trop faible pour supporter la voiture avec la cellule. Nous restons donc sur la rive de notre entrée.
L’endroit est paisible et les eaux du lac d’un bleu « caraïbe ».
Pendant que je me détends en lisant, Patrice essaie de nous apporter le repas du soir puis comme c’est un échec, du lendemain midi.
Toujours un échec, donc du lendemain soir……
Bon, en vain : il ne prend pas de poisson alors que les guadaparques qui viennent en attrapent juste à côté de lui avec uniquement une ficelle, un hameçon non appâté lesté par un boulon…….Selon Patrice, les poissons chiliens sont trop intelligents et méprisent les Français !!!
Nous nous dégourdissons les jambes en allant jusqu’au mirador nous permettant de découvrir cette partie du lac en hauteur.
Le vendredi 8 février, nous décidons de laisser sur place la cellule pour pouvoir partir avec le pick-up uniquement à la découverte de la réserve nationale. Nous nous promenons alors dans des chemins uniquement accessibles à ce type de véhicules, pleins de trous, de devers et de passage à gué (certes moins important que celui de l’entrée, mais il faudra que je me mouille quand même les pieds pour pouvoir prendre des photos et vidéos !)
Patrice est aux anges !!!! Son quad lui manque beaucoup et il se rattrape un peu avec ce type de chemin.
La vue de cette partie du lac est magnifique
Nous nous trouvons parfois au fond d’un trou avec le 4X4 le nez dans la pente mais Patrice maitrise la conduite et nous en sort sans aucune difficulté.
Nous arrivons cependant face à un torrent, dont le débit est beaucoup plus important et où les traces pour le chemin ne sont pas très claires. Nous préférons renoncer à le traverser étant complètement seul sur place. Il est inutile de prendre des risques inconsidérés !!
Nous décidons de nous arrêter là pour déjeuner et profiter de l’environnement.
Nous sommes sur une plage de petits cailloux de toutes les couleurs provenant de l’érosion des montagnes environnantes.
Sur le chemin du retour, l’eau du lac étant trop tentante, je me risque à me baigner mais la couleur est trompeuse : il ne s’agit pas d’un lac des caraïbes, l’eau est glacée. Je ne fais qu’un aller et retour et revient rapidement au 4X4 grelottante pour me réchauffer.
Patrice essaie un peu plus loin mais ne se mouille que jusqu’aux genoux pour la même raison. Petit joueur, non !
Nous repartons de la réserve nationale le samedi 9 février et décidons de nous arrêter sur la route du retour dans une annexe de la réserve permettant de faire une randonnée de 8,7 kilomètres afin d’aller admirer une grotte avec des peintures rupestres. Patrice ne se sent pas en jambe et décide de rester à la Casilla. C’est donc seule que j’entreprends l’ascension de la montagne. Il y a en effet un dénivelé de plus de 560 mètres à faire.
Je constate rapidement que les chemins ne sont pas très bien balisés, voir pas du tout et ce n’est qu’en suivant des traces de pas que j’arrive à me diriger.
Je m’engage dans une vallée de montagne avec des pics rocheux splendides.
Lorsque j’arrive à la première curiosité géologique indiquée sur une pancarte, la piedra clavada, je m’aperçois que je fais la randonnée à l’envers de ce que j’avais prévu. Cela n’est pas grave mais j’avoue être un peu perturbée d’autant plus que le chemin est parfois complètement inexistant lorsqu’il passe dans des pierres.
Arrivée au point culminant de la randonnée, j’ai une vue de la vallée, des montagnes environnantes et du lac Général Carrera (La suite du Lac Buenos Aires en Argentine).
Je redescends doucement car la pente est abrupte vers la grotte où se trouvent les peintures rupestres.
Certes, elles sont beaucoup moins nombreuses et jolies que celles de la grotte que nous avons visité dernièrement. Mais elles démontrent la présence d’une vie humaine dans cette région.
La vue en sortant de la grotte est absolument magnifique.
Je poursuis mon chemin. Les montagnes de toutes les couleurs me permettent de surmonter le vide important que j’ai à côté de mes pieds. Mon vertige est moins important et je prends sur moi, mais quand même !
Lorsque je glisse dans des pierres, j’avoue que je n’en mène pas large !
Les choses se gâtent après que je sois parvenue à la dernière curiosité géologique de la randonnée : la vallée lunaire.
En effet, je ne vois plus du tout de trace du chemin et c’est au milieu des plaines abruptes que je descends en zig zag vers ce que je crois être l’endroit où j’ai débuté ma randonnée.
Mais mon sens de l’orientation n’est pas assez pointu et la vue à l’envers de la vallée ne m’aide pas à me repérer. Lorsque j’aperçois une voiture garée, je décide de me diriger vers celle-ci me disant qu’elle était bien arrivée par la route. En rejoignant cette dernière, je retrouverais bien la Casilla.
Ce n’est qu’après 6 H de marche que j’arrive enfin à rejoindre Patrice, fatiguée mais contente. Cette mésaventure m’apprend que dans ce pays, il est préférable de partir à plusieurs en randonnée compte tenu de leur mode de signalisation.
Nous revenons à CHILE CHICO pour le ravitaillement et le bivouac. Nous reprendrons la route le lendemain pour nous rendre, en longeant le Lago Général Carrera, à COCHRANE.
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