PUERTO SAN JULIAN – MONTE LEON
Lors de notre arrivée sur la plage LA MINA, ne me sentant pas très en forme (encore une migraine !!!), je suis allée directement me coucher sans trop observer notre environnement.
Seulement à 3 H du matin, je me suis réveillée à cause des violentes bourrasques de vent et entendant le bruit des vagues assez fort, j’ai un peu paniqué. J’ai donc réveillé Patrice qui dormait à poings fermés pour lui faire part de ma crainte de voir la mer arriver au niveau de la Casilla.
Il m’a rassuré mais comme il commence à bien me connaître, nous levons le camp. Nous repartons donc en pleine nuit, un jour de grève générale où les camionneurs bloquent toutes les routes, pour pouvoir atteindre PUERTO SAN JULIAN, afin que nous passions un reste de nuit correct.
Sur la ruta 3, les camionneurs nous laissent très aimablement passer et nous trouvons un parking abrité du vent devant la maison des jeunes de cette ville. Patrice peut maintenant se recoucher et dormir tranquillement sans que je le réveille à tout bout de champ !
Le vent ne faiblit pas durant la nuit mais nous dormons cependant correctement. Au matin, nous cherchons un technicien pour réparer le pneu de la Casilla. Nous trouvons une gomeria : atelier spécialisé dans cette activité. Un jeune homme nous prend en charge notre pneu et effectue la réparation en mettant un emplâtre à l’intérieur de celui-ci. Il fait constater à Patrice les dégâts : une fente de plus de 5 cm……cela explique pourquoi les mèches n’ont pas tenues !
Patrice s’inquiétait de l’état du pneu espérant qu’ils accepteraient de nous le réparer malgré qu’il soit un peu marqué par les ripios mais quand il a vu l’état des autres pneus qu’ils réparent (complètement lisses), il a été rassuré, nous n’aurons pas à racheter un pneu aujourd’hui.
Une fois chaussé de pneus corrects, nous prenons la route touristique qui longe le bord de mer. Il est indiqué dans nos guides touristiques qu’il est préférable d’emprunter ce trajet avec une roue de secours. C’est bon pour nous, nous sommes parés !
Le panorama est superbe même si nous ne pouvons en profiter pleinement car le vent souffle très fort.
Nous aboutissons à la fin du circuit touristique sur la plage où nous nous étions installés la veille au soir. A la lumière du jour, elle ne paraît plus aussi impressionnante et la mer n’aurait pu atteindre le camping-car, même s’il y avait eu une tempête importante.
Nous ne nous attardons pas car le vent redouble de violence et nous souhaitons pouvoir atteindre un endroit abrité pour passer notre prochaine nuit. Patrice ne veut absolument pas rester une nouvelle fois sur cette plage.
Nous reprenons donc la ruta 3 mais un arrêt dans la ville COMMANDANTE LUIS PIEDRA BUENA ne nous inspire pas vraiment, alors nous poussons jusqu’à PUERTO SANTA CRUZ pensant pouvoir nous trouver un endroit près du phare portant le même nom.
En tant qu’ancienne capital de la région portant son nom, nous pensions trouver une belle et grande ville. Pour la grandeur ce n’est pas vraiment cela. Abritant un régiment militaire, la ville est une vraie forteresse avec point de contrôle à l’entrée.
Nous prenons la route en direction du phare pour nous apercevoir après une vingtaine de kilomètres qu’il faut rentrer dans une zone portuaire très bien gardée et que l’accès au phare ne se fait qu’à marée basse sur la grève.
Le vent soufflant en tempête, nous ne voulons pas nous arrêter à l’entrée des infrastructures portuaires qui ne bénéficient d’aucune protection et nous rebroussons chemin pour venir échouer au terrain de camping de PUERTO SANTA CRUZ, fermé mais où nous bénéficions d’un peu de protection et où nous pourrons faire le plein d’eau le lendemain matin.
Patrice y croisera un très bel oiseau.
Nous reprenons la ruta 3 le 21 novembre au matin pour aller au parc national Monte Léon.
Nous y arrivons en milieu de matinée accompagnée de la pluie battante et d’un vent à décorner un bœuf. Dans ces conditions, nous ne voyons pas beaucoup d’animaux, et nous les comprenons bien : à leur place, nous resterions le plus à l’abri possible. Nous rencontrons cependant une maman guanaco avec son petit.
Nous zappons la promenade vers les pingouins de Magellan car il nous est indiqué que nous ne pouvons les approcher de près et le chemin est long. Nous prenons cependant la passerelle menant au point de vue au dessus de la colonie de lions de mer. Le vent se déchaine ainsi que la pluie glaciale. Il nous est quasiment impossible de prendre des photos ou vidéos et nous nous cramponnons ensemble pour ne pas nous faire emporter par le vent.
Nous poursuivons notre visite avec la Casilla qui ballotte dans tous les sens jusqu’à l’ile, que l’on peut contourner à marée basse (dommage, la mer est haute !) où niche plusieurs colonies d’oiseaux : cormorrans royaux et mouettes cocineras et australes.
L’ile est un peu loin pour l’observation mais on peut constater selon la couleur des animaux que l’ile est répartie entre les différentes espèces et que les nids ne sont pas mélangés.
Nous allons jusqu’à la plage du parc Monte Léon et nous nous installons pour déjeuner. Le vent est tellement fort que nous mangeons très rapidement pressés de reprendre la route pour un endroit plus calme. Nous nous arrêtons sur le chemin de la sortie pour prendre en photo une plante très jolie : « Langue de feu ».
Ce ne sera pas le cas sur la ruta 3 qui reste droite, sans aucun abri en pleine pampa. Nous stoppons très tôt notre progression pour ne pas prendre de risque et parce que la conduite dans ces conditions est très fatigante. Nous nous posons sur le parking d’un lieu qui s’appelle l’Hôtel Lemarchand.
Il s’avère que celui-ci est fermé. Ce qui est bien dommage pour eux au regard du nombre de véhicules qui s’y arrêtent pendant la journée et aussi la nuit !!!
Nous réussissons malgré tout à dormir à peu près et reprenons notre route le lendemain matin pour RIO GALLEGOS où nous arrêtons pour faire des courses et retirer de l’argent à la banque.
Nous déjeunons dans un restaurant et profitons de leur wifi pour contacter notre fille, Amélie, afin de lui donner de nos nouvelles et prendre des siennes.
N’ayant pas pris de sacs pour les courses, nous ressortons du magasin avec les bras chargés de cartons pleins. Je conseille à Patrice de regarder sur le plan dont je dispose pour retourner à la Casilla. Il me dit que ce n’est pas nécessaire et m’indique la direction à prendre.
Nous marchons pendant plus d’une demi-heure, ce qui me semble important au regard de notre trajet initial. Fatiguée de tenir le carton sur les bras, je décide de m’arrêter pour regarder le plan malgré les protestations de Patrice.
Constat : nous sommes partis complètement à l’opposé de notre Cassilla et il nous faut refaire le chemin inverse et plus pour arriver à destination.
Quand on parle du sens d’orientation des hommes, je préfère rire !!!! Il est vrai que ce n’est pas le fort de Patrice, Gilles en sait quelque chose lorsqu’ils faisaient des randonnées en quad dans les forêts de notre région normande.
Nous arrivons finalement à notre voiture et après avoir rangé, discuté avec des personnes intrigués par notre véhicule et notre origine française, nous reprenons la route pour le LAGO AZUL, se trouvant 10 kilomètres avant la frontière chilienne.
Nous retrouvons à ce bivouac Anne, Stéphane et leurs enfants ainsi que Claude et Marie-jo, deux suisses qui sont en vadrouille à travers le monde depuis 16 ans. Arriverons plus tard, Mickael et Virginie. Le LAGO AZUL devient un camp retranché pour les français en Argentine !
Lors de nos discussions, Anne me fait remarquer que le passage de la frontière chilienne ne sera pas aussi facile que cela notamment au niveau de la fouille du véhicule. Et là, je réagis que j’ai un tas de produits interdits (viande crus, pommes, pommes de terre, courgettes).
J’abandonne alors tout le monde pour cuisiner le tout afin de ne pas me le voir confisquer à la frontière et j’enregistre la leçon pour la prochaine fois.
Nous partons le 23 novembre de bonne heure pour essayer de passer la frontière chilienne rapidement.
Nous attendrons un peu car il y a déjà beaucoup de monde au poste frontière. Nous ne sommes pas en Europe avec son espace Shengen, ici tout le monde doit effectuer les démarches, même si ce sont des argentins en transit pour la Terre de Feu.
Nous passons l’immigration sans problème et notre nom fait même rire le policier qui pense tout de suite au gros costaud qui tirait sa force de ses cheveux. Il n’a pas vu que notre orthographe n’est pas le même mais cela nous fait bien rire car nous pensions qu’il trouvait notre nom célèbre à cause de la chanteuse française. N’importe quoi !!! Elle n’est même pas connue ici.
Les formalités auprès de la douane pour l’introduction temporaire de la Casilla sur le territoire chilien se passent cette fois sans encombre et nous pouvons ainsi nous présenter au contrôle sanitaire.
Le douanier fouille sommairement le frigo qui est plein de boites plastiques contenant les plats que j’ai cuisiné la veille. Ce qui fait qu’il regarde à peine, trouve que nous avons « bon appétit » et ne voit pas le lait et le fromage s’y trouvant. Je me vois cependant confisqué 4 œufs crus. Ils auraient été cuits, je n’aurai pas eu de problème.
A 11 H 30, nous nous retrouvons sur le territoire chilien. La route reste bonne et nous nous présentons à l’embarcadère du bateau nous permettant d’atteindre la grande île de la Terre de Feu.
En fait de bateau, il s’agit plutôt d’une barge style celle de l’armée et nous n’attendons qu’une demi-heure pour monter à bord.
Nous nous rendons auprès du caissier à bord pour acquitter notre droit de passage.
Compte tenu du vent, la mer est très démontée et le bateau tangue dans tous les sens. Nous aurons cependant la chance d’apercevoir un dauphin de Commerson s’amuser dans les vagues proche du bateau..
Puis nous trouvant trop à l’étroit dans le petit réduit du caissier, nous décidons de remonter à bord de la voiture.
Nous sommes contraints de passer sous la remorque d’un camion. Alors que je me trouve sous celle-ci, une vague plus importante s’abat sur le bateau et inonde tout le pont. On peut dire que j’ai eu beaucoup de chances, car 1 seconde de plus, j’aurai été trempée de la tête aux pieds !!!
Nous sortons de la barge après une bonne demi-heure de mer et nous nous arrêtons sur le bas-côté pour mettre un coup de compresseur au pneu arrière droit qui est un peu dégonflé.
Nous poursuivons notre route au Chili sur une route asphaltée jusqu’à Cerro Sombrero. Après la route n°3 devient un ripio se dégradant plus les kilomètres avances, et il y en 100 à parcourir.
Nous déjeunons sur le bord de ce ripio mais très rapidement car le vent secoue la Casilla dans tous les sens.
Nous arrivons à la frontière argentine vers 15 H 30 et les formalités se passent rapidement et sans difficultés. Nous retrouvons avec plaisir une Ruta 3 asphaltée et nous décidons de nous arrêter à RIO GRANDE, sur le parking d’une station service YPF, à l’abri du vent.
Après quelques courses dans cette ville, nous reprenons notre route le 24 novembre avec un temps toujours aussi venteux et gris.
Nous aurons alors la surprise de voir peu avant TOLHUIN le paysage changé rapidement.
La première nouveauté que l’on découvre, ce sont les montagnes. Oh, certes, pas très hautes mais toujours enneigées. Ces montagnes nous annonçent que nous approchons de la cordelière des Andes.
Puis, nous découvrons de la forêt, enfin des arbres ce qui nous change de la pampa avec ses champs extra plats à perte de vue.
Cependant, de grandes parties de cette forêt est composé de bois mor resté au sol, un peu comme après la tempête de 1999 EN France. Nous apprendrons ultérieurement que cela est du à un ver, que ce ver a toujours été présent ici et que la forêt s’est toujours bien portée, alors rien n’est fait pour l’éradiquer.
Les hommes deviendraient-ils raisonnables ?
La route n° 3 longe des rivières aux multiples méandres et propices à la pèche à la mouche qui est la spécialité de cette région.
Proche de TOLHUIN, nous découvrons le lac FAGNANO qui aurait pu être magnifique si le temps était meilleur. Mais le vent provoque des vagues importantes et la pluie nous empêche de profiter pleinement du paysage. Je voulais faire un bivouac à cet endroit mais compte tenu de ce temps et de l’heure qu’il est (15 H), Patrice décide de poursuivre la route jusqu’à USHUAIA.
Nous nous arrêtons un moment auprès du Lago ESCONDIDA qui est plus petit mais très joli avant de prendre une route de montagne qui nous mène en fin de journée à USHUAIA.
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