PARC LOS GLACIARES SUR
Nous roulons pour la première fois sur la Ruta 40, route mythique de cette région et notre première impression n’est pas des meilleures car il s’agit pour le moment d’un ripio en très mauvais état.
Nous arrivons le 2 janvier à EL CALAFATE et, après un repas au restaurant, nous faisons un peu de repérage en ville et cherchons un bivouac. Le temps est beau mais le vent souffle un peu.
Nous trouvons un parking face au Lago Argentino, plus grand lac d’Argentine, un peu exposé au vent. Mais le positionnement de la Casilla nous permet de ne pas en ressentir trop les effets.
Après avoir discuté avec deux grenoblois en voyage pour un an avec un petit garçon qui ont dormi sur le même parking que nous, fait un grand ménage à la Casilla qui en a bien besoin, nous revenons en centre ville pour trouver un point wifi afin de pouvoir appeler la famille, mettre à jour le blog et le site des photos.
Le vendredi 4 janvier, nous visitons la ville d’EL CALAFATE. La ville est très touristique et nous voyons quelques belles maisons dont une gardée par des forces armées. Nous apprendrons plus tard qu’il s’agit de la maison de la présidente de la république Argentine.
Nous nous rendons aussi au centre d’information du Parc national LOS GLACIARES et visitons le beau jardin qui jouxte le bâtiment. Celui-ci expose des objets assez anciens de l’activité économique locale.
Après un passage au supermarché, compte tenu d’un temps superbe ne m’incitant pas à me mettre sur l’ordinateur, nous décidons de partir pour le bivouac que nous avons prévu au camping libre La Huela près du lago Roca.
Nous commençons à apercevoir sur la route d’accès, au loin, le glacier PERITO MORENO que nous irons voir dans quelques jours.
Les deux jours suivants, nous restons dans la Casilla car il pleut beaucoup et il ne nous est pas possible de nous éloigner entre les averses.
Nous en profitons pour poursuivre le classement des photos mais aussi pour faire un peu de cuisine et pour lire.
Nous irons cependant entre deux gouttes nous promener au bord du Lago Roca mais la promenade sera de courte durée.
Le lundi 7, malgré un temps encore pluvieux, nous décidons d’aller nous dégourdir les jambes en nous promenant le long du lac afin d’en atteindre une extrémité.
Le rivage est parfois un peu détrempé et même un peu marécageux lorsque nous croisons le cours d’un torrent. Peu à peu, le temps vire au beau et nous pouvons terminer notre promenade sous le soleil.
Nous trouvons près du rivage de très beaux chardons, des rosiers mais aussi des arbustes de calafates.
Il s’agit de petits fruits de la taille et de la même couleur qu’une myrtille, poussant sur des arbustes très épineux puisque les épines vont toujours par trois, rangées à angle droit. Le fruit n’est pas très juteux et contient beaucoup de pépins. C’est le fruit mythique de la région qui a donné son nom à la ville toute proche. Les Argentins le préparent en confiture, liqueur et tarte.
Il existe une tradition selon laquelle « qui goûte le calafate, reviendra pour en manger plus ». L’avenir le dira ….
Nous rencontrons aussi un petit putois, humboldt à nez mouffette, endémique de la région qui dans son attitude semble vouloir nous attaquer mais compte tenu de sa taille (pas plus de 30 de long), il ne va pas plus loin que l’intimidation.
Il est vraiment trop mignon avec son pelage noir et ses deux traits blancs sur le dos, et sa queue en houpette. Son petit nez tout rose lui permet de chercher des insectes pour se nourrir.
Isabelle et Francis, pendant leur promenade digestive en début d’après-midi, cueillent des calafates et je vais au milieu de l’après-midi compléter cette cueillette afin de pouvoir confectionner une tarte.
Ne disposant pas de recette, c’est un peu au « pif » que je confectionne d’abord un jus de calafate sans peau ni pépins. Ensuite, j’ajoute des œufs, du sucre et de la fécule de maïs afin d’obtenir après un passage au four la consistance d’un flan.
Nous dégustons cette tarte à notre repas du soir et nous nous régalons. Le goût ne ressemble à aucun fruit que nous connaissons.
Le mardi 8 janvier, Le temps se montrant assez clément, nous décidons d’aller faire une promenade sur le chemin que nous avons vu sur la carte se trouvant après l’estancia Nibepo Aike. Malheureusement, nous trouvant dans une réserve nationale, l’accès du chemin est soumis à l’autorisation des guadaparques et ceux-ci ne se trouvent pas sur place.
Nous décidons alors de prendre un autre petit chemin qui nous conduit jusqu’au lac. Il ne s’agit plus du Lago Roca mais du Brazo Sur du Lago Argentino. En effet, le Lago Roca s’est déversé dans ce bras du lac.
Nous rencontons une horde de chevaux de l’estancia qui s’approchent rapidement du lac pour venir y boire.
Puis nous prenons un sentier nous menant à un mirador juste au-dessus de l’estancia en passant par le champ des moutons.
Nous montons pendant plus de deux heures, dépassons le mirador afin de nous retrouver tout en haut de la montagne. Patrice, malgré ses difficultés à marcher, veut voir ce qu’il y a derrière cette montagne !
Le point de vue est superbe, même si le temps est un peu menaçant, et nous pouvons nous mettre à l’abri du vent au milieu d’un bouquet d’arbres qui se trouvent au sommet. Nous constatons que la forêt qui débute à cet endroit se poursuit sur l’autre versant et qu’il y a ensuite d’autres montagnes à l’infini.
Nous redescendons plus rapidement car la pente est très raide mais aussi à cause des grosses gouttes de pluie qui tombent.
Nous revenons tranquillement vers notre bivouac, non sans nous arrêter à l’endroit appelé « La Angostura », lieu de jonction entre les deux lacs afin de prendre un thé. A cet endroit non protégé, le vent souffle par rafales et fait tanguer la Casilla.
Nous restons tranquillement au bivouac du lago Roca le mercredi 9 janvier car la météo prévoit que la meilleure journée de la semaine pour pouvoir aller voir le glacier PERITO MORENO ne sera que demain.
Nous pouvons déjeuner dehors en faisant griller notre viande sur un feu de bois.
Durant l’après-midi, Patrice essaye de pêcher mais uniquement avec du fil, un flotteur et une cuillère. Sa technique est très spéciale puisqu’il fait des moulinets avec le fil au-dessus de sa tête afin de lancer très loin la cuillère dans l’eau. Ensuite, il tire doucement le fil pour la ramener à lui.
Cette technique ne sera pas fructueuse puisqu’il ne pèche aucun poisson. (Heureusement que j’avais prévu autre chose pour le repas du soir au cas où !).
Le soleil est au rendez-vous le jeudi 10 janvier et nous partons pour le parc national Los Glaciares afin d’aller voir le glacier PERITO MORENO.
Nous parcourons les 60 kilomètres qui nous en séparent en empruntant tout d’abord un ripio puis une route goudronée.
Les guadaparques du parc sont très accueillants et intéressés par notre voyage avec un équipement aussi peu courant.
Nous poursuivons la route à l’intérieur du parc en longeant le Lago Rico et apercevons au détour d’un virage le glacier.
Arrivés sur le site, nous pouvons cheminer sur des passerelles afin de nous approcher assez près du glacier.
La première approche est saisissante lorsque l’on voit pour la première fois cette masse de glace de plus de 50 mètres de haut, de 5 kms de longueur.
Nous restons sans voix face à cette grandeur et le bruit de l’activité du glacier nous saisit.
En effet, il s’agit d’un glacier qui continue de progresser puisqu’il avance de près de 2 mètres par jour. Aussi, on entend régulièrement des bruits comme des détonations lorsque la pression entre les blocs de glace est trop grande.
Nous assistons aussi à des chutes de glace dans l’eau du lac……C’est vraiment époustouflant !
Nous avons la chance de voir un pan complet du glacier qui cède sous la pression. Alors une masse gigantesque de glace tombe dans l’eau provoquant une vague importante se répercutant sur les blocs de glace qui flottent à la surface de l’eau.
Alors apparaît des glaçons complètement translucides et d’un bleu profond, brillant de milles feux sous le soleil.
Un vrai enchantement dont voici quelques photos qui ont du mal à refléter la réalité.
Nos amis, Soif de Bougeotte, arrivés un peu plus tôt que nous, ont eu la chance de voir un condor survolé le glacier.
Nous passons la journée entière à regarder, observer, admirer et écouter ce glacier majestueux.
Nous partons à regret le soir car nous ne pouvons rester bivouaquer dans le parc. Nous garderons un souvenir mémorable de cette journée.
Nous nous disons que la nature est vraiment superbe et qu’il est dommage que bien souvent l’homme n’en prenne pas soin !
Nous retournons au bivouac du lago Roca pour nous remettre de nos émotions et commencer à classer les innombrables photos que nous avons faites du glacier.
Le samedi 12 janvier, nous prenons la route pour EL CALAFATE afin de pouvoir faire quelques courses et acheter du gaz.
Nous trouvons facilement une entreprise, proche du supermarché, qui nous remplit notre bouteille et nous décidons de nous équiper d’une seconde bouteille argentine afin de ne pas nous retrouver en panne à un mauvais moment.
Puis direction le supermarché pour faire les provisions pour les prochains jours. A notre sortie, une famille se trouve proche de la Casilla et nous aborde pour savoir d’où l’on vient, et connaître notre projet. Il s’agit de Luis, Rosa et Cristian qui habitent à EL CALAFATE.
Le courant passe très bien entre nous et nous nous retrouvons à être invité à partager un asado (barbecue) à leur maison le soir même.
Luis nous montre le chemin pour se rendre à sa maison et nous nous donnons rendez-vous pour 21 Heures.
Nous filons au point wifi pour pouvoir appeler la famille, les amis et mettre à jour le blog.
Nous passons ensuite la soirée chez Luis et Rosa, qui habitent à EL CALAFATE mais aussi à RIO GALLEGOS. Ils hébergent actuellement leur petit-fils Cristian, qui est en vacances.
Nous passons une soirée très agréable à discuter (tout en espagnol !) de tout : famille, vie quotidienne, niveau de la vie, politique, économie, environnement mais aussi construction, bâtiment et cuisine. Nous constatons de nombreuses différences de culture et d’organisation avec la France. Nos échanges sont très enrichissants pour tous et se font avec beaucoup de gaité.
Malgré la barrière de la langue, nous arrivons à nous faire comprendre et Patrice débloque souvent la situation en s’exprimant comme à son habitude en français et avec les mains. Notre plaisir d’être ensemble est réciproque et Luis au cours de la soirée, apprenant que nous ne quittions pas tout de suite EL CALAFATE, nous invite à partager la pizza le dimanche soir.
Nous parlons tant et tant, qu’à 2 heures du matin, nous décidons de ne pas bouger la Casilla pour la nuit et nous dormons juste en face de la maison de Luis et Rosa.
Le lendemain matin, nous venons les saluer, partager un café et faire quelques photos afin de garder en souvenir ces bons moments. Nous revenons au point wifi pour essayer d’avancer un peu dans nos travaux informatiques.
Comme convenu, nous revenons à 18 H chez Luis et Rosa. J’aide celle-ci à préparer les pizzas et nous échangeons sur nos différentes recettes. Rosa aime beaucoup cuisiner et comme pour moi, c’est aussi mon passe-temps préféré, on s’entend à merveille.
Patrice continue à converser avec Luis et Cristian, tout en français, mais il arrive à se faire comprendre et à les comprendre.
Comme il n’y a pas beaucoup de vent, il nous fait une démonstration de vol de son drone. La vision de la vidéo prise à partir de cet engin fait éclater de rire Rosa et le rire étant communicatif, nous passons à table dans la bonne humeur.
Nous apprenons qu’ils quittent EL CALAFATE le lendemain pour revenir à RIO GALLEGOS. Avant de nous quitter, nous échangeons nos adresses mail. Nous communiquerons pour le moment via la messagerie de leur petit-fils. Mais Rosa m’a expliqué qu’elle souhaitait s’équiper et que nous resterions en contact.
Nous sommes vraiment heureux d’avoir fait leur connaissance et nous restons toujours ébahis face à la gentillesse des Argentins qui vous accueillent à bras ouverts et en tout simplicité.
Nous restons le lundi 14 janvier au point wifi pour finir les travaux informatiques. Nous reprendrons la route le lendemain pour nous rendre au nord du parc national Los Glaciares pour aller admirer le Mont Fitz Roy.
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