LA CORDILLERE BLANCHE
Nous quittons CATAC le mercredi 9 octobre 2013 et prenons la route de montagne qui grimpe à CHAVIN DE HUATAR.
Nous faisons une première halte à la laguna Querococha (nous sommes heureux d’avoir opté hier pour un bivouac à la station service de CATAC car à cet endroit, le parking n’aurait pas été super !).
Nous grimpons ensuite jusqu’à 4 550 mètres d’altitude et passons le tunnel de Kaduish. Jusqu’à maintenant, la route est en très bonne état mais après le passage du tunnel, celle-ci devient exécrable avec des trous énormes qui arrivent sans prévenir après une portion en bon état où l’on prend un peu de vitesse……un vrai casse-chassis !
Il nous faut par conséquent réduire notre vitesse et poursuivre notre descente sur CHAVIN DE HUATAR avec beaucoup de vigilance mais aussi en profitant du paysage. Nous avions, avant de rentrer dans le tunnel, vue sur une multitude de sommets enneigés, mais de l’autre côté, nous ne voyons que des pics rocailleux.
Nous déjeunons sur la place principale de CHAVIN DE HUATAR et nous mettons ensuite en quête d’un bivouac. Le lieu que nous avions trouvé sur le forum de voyageurs ne nous ait pas accessible car nous sommes trop haut, alors nous allons au restaurant La Colina à l’entrée du village et le propriétaire accepte très chaleureusement de nous installer dans sa cour.
Partis à pied pour le village, nous commençons par visiter le jeudi 10 octobre le site archéologique des Chavins avec un guide. Le site date entre 1 200 avant JC et 800 avant JC. C’était un centre cérémoniel très important de la civilisation chavin, la plus ancienne de ce continent.
Nous voyons sur la place centrale un système de drainage des eaux qui devaient participer à la magie du lieu. En effet, l’écoulement naturel de l’eau par ces canaux devaient provoquer des bruits impressionnants et effrayants. Malheureusement, un éboulement de terrain en 1945 et le temps ont complètement obstrués la circulation de l’eau.
L’entrée du temple principal conduit à un complexe sous-terrain de tunnels, ventilés naturellement et avec des systèmes de plaque de charbon polis qui apportaient de la clarté dans tous ses coins.
Au centre de ces couloirs sous-terrain, nous trouvons une pierre sculptée impressionnante, de la forme d’une lance : le Lanzon de Chavin.
Nous descendons ensuite l’escalier principal qui mène à l’édifice de trois étages où nous nous trouvons. Sur le mur de ce bâtiment, nous voyons un vestige d’un tenon sculpté qui est encore en place. Les autres tenons sont maintenant dans des musées.
Nous quittons le site archéologique, enchantés de notre visite et très contents de l’avoir fait avec un guide pour comprendre un peu mieux la civilisation Chavin.
Nous nous rendons ensuite dans le village puis au musée. Dans une assez bonne présentation, nous pouvons admirer une quantité impressionnante de tenons sculptés.
A notre retour au bivouac, au détour d’une place, Patrice dispute une partie acharnée de baby-foot avec deux jeunes péruviens.
Nous quittons le charmant village de CHAVIN DE HUATAR le lendemain pour nous rendre à SAN LUIS. Dans un premier temps, la route asphaltée comporte de nombreux trous mais ensuite c’est un ripio avec encore plus de trous. Nous roulons donc très lentement et mettons la journée pour parcourir presque 80 kilomètres. Nous passons un col à 4 310 mètres et arrivons dans un très joli paysage à la laguna Huachucocha.
De cette hauteur, nous apercevons les pics enneigés de la Cordillère Blanche.
Après la lagune, nous entamons une descente de plus de 1 200 mètres jusqu’à la ville de SAN LUIS où nous passerons la nuit, garés sur la place d’armes.
Nous reprenons la route le samedi 12 en direction de CHACAS, non s’en appréhender l’état de notre chemin. Nous découvrons avec joie qu’une route toute neuve relie SAN LUIS à CHACAS et c’est assez rapidement que nous atteignons ce village. Nous sommes cependant arrêtés un bon moment pour la coupe d’un arbre qui vient d’être abattu et qui est tombé sur la route.
Nous nous arrêtons sur la place d’armes de CHACAS pour faire quelques photos de l’église et des jolis balcons sur les maisons environnantes lorsque nous sommes abordés par un groupe de personnes.
Accompagnant ce groupe, il y a un guide qui parle (entre autre) le français. Il nous explique qu’il s’agit d’un groupe de professionnels du tourisme qui visite CHACAS. La visite est organisée par la municipalité pour le développement touristique du village suite à la création de la route d’accès toute neuve.
Nous sommes conviés à les accompagner à la réunion publique ayant lieu dans une salle de la mairie avec tous les représentants locaux (maire du village, responsable du tourisme local, régional et même national, etc…)
Pour répondre à leur sollicitation, nous intervenons en tant que touristes étrangers pour leur faire part de nos principales attentes ou améliorations dans le tourisme au Pérou. Nous leur parlons de la propreté, de l’état des routes et de la sécurité bien sûr.
Ensuite, nous visitons en leur compagnie les ateliers de l’association italienne implantée dans le village. Cette association forme et emploie des menuisiers, des fabricants de vitraux, des sculpteurs. Leur travail, principalement d’ordre religieux, est exporté majoritairement en Italie mais aussi dans d’autres pays étrangers.
Un repas nous est ensuite offert (soupe puis poulet à manger sans couteau…..encore une autre chose à améliorer !).
Enfin, nous visitons le centre d’exposition artisanal, le musée et la place d’armes avec les commentaires en français du guide du groupe.
Comme il est déjà tard, nous décidons de rester bivouaquer sur la place d’armes de CHACAS et faisons visiter par petits groupes notre Casilla.
Nous quittons CHACAS le dimanche 13 octobre et nous nous rendons par une route superbe, neuve et asphaltée. Malheureusement, nous traversons deux villages dont celui de SHILLA et la route redevient un ripio infecte, pleins de trous. Nous apprendrons plus tard que ces localités n’ont pas voulu participer financièrement à la construction de la route et donc, on ne la fait pas à l’intérieur du village. Normal, non !
Arrivés à CARHUAZ, nous poursuivons sur la panaméricaine jusqu’à YUNGAY et le parc national HUASCARAN. Compte tenu du prix prohibitif pour bivouaquer à l’intérieur du parc et comme le temps est pluvieux, nous décidons de nous stationner juste avant l’entrée.
Nous partons en excursion avec la Casilla le lendemain matin dans le secteur Llanganuco du parc national.
Les deux lacs, laguna Chinancocha et laguna Orcoconcocha, sont d’un bleu émeraude magnifique mais malheureusement, il pleut et les sommets enneigés restent invisibles.
Nous déjeunons près du lac Chinancocha puis nous retournons dans la vallée car le temps ne se lèvera pas et nous ne pourrons apercevoir les cimes enneigés, qui sont là mais que nous ne pouvons voir. C’est dommage !
Arrivés à CARAZ, nous nous installons dans la cour de l’hôtel Los Pinos et y faisons la connaissance de Jill et Manuel, deux anglais qui font un voyage de 7 mois de l’Alaska à Ushuaia.
Après un petit tour en ville, nous partageons un apéritif avec moult échanges de bons plans pour le voyage.
Comme il pleut, nous décidons de rester sur place toute la journée du lendemain pour une lessive, un point internet et détente.
Nous repartons le mercredi 16 octobre 2013 de CARAZ en direction du canyon de Pato.
La traversée des trente cinq tunnels, taillés directement dans la roche, est impressionnante. La route n’est pas asphaltée et lorsque l’on rentre dans un tunnel à la suite d’une autre voiture, la poussière en suspension et l’absence de lumière font que nous n’y voyons plus rien.
De surcroît, il ne passe qu’une voiture à la fois dans le sens de la largeur et ce n’est qu’entre les tunnels que l’on peut se croiser. Et là, un à-pic important donne sur un torrent à plus de 1 000 mètres plus bas.
Magnifique mais……….impressionnant !
La suite de la route, en direction de CHIMBOTE, parcourt un paysage aride de montagnes et de vallées encaissées. Nous bivouaquons près du poste de police de CHUQUICARA et n’atteindrons CHIMBOTE que le jeudi 17 octobre 2013 dans la journée.
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